Fédération Nationale des Associations de Retraités d'Entreprises et d'Organismes Professionnels Agricoles et Agro-Alimentaires

REFORME DES RETRAITES : entre égoïsme et équité !

 

REFORME DES RETRAITES : entre égoïsme et équité !

      
 

 

 

 

  Les retraités du privé peuvent, eux aussi, se prévaloir de changements de règles tout au long de leur carrière... 

 

 

 

 

L’urgence est de traiter la question de l’équité de notre système de retraite. Les questions concernant les équilibres financiers seront ainsi plus simples à comprendre et à admettre par tous... 

 

 

 

Au moment où le nombre de retraités se rapproche de celui des actifs, les solutions du passé, où chacun dans son groupe professionnel pouvait assumer la charge de retraités peu nombreux, ne sont plus possibles...

 

 

 

 

 

 

L'avènement de la retraite universelle est la véritable et seule voie de préservation de l’un des piliers majeurs de notre modèle social...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que comprendre de ce qui se joue dans notre pays à propos de la réforme des retraites !

Pays républicain soucieux d’égalité, la France semble se dresser contre une réforme qui pourtant cherche à remettre de la confiance et de l’équité dans un dispositif qui, au fil des ans, s’est éloigné des principes initiaux. Faire la démonstration des multiples exemples où un même métier, comportant les mêmes contraintes, la même pénibilité, ne permet pas de bénéficier de conditions analogues est facile.

Le conducteur de bus de ville selon que son patron s’appelle RATP ou est un entrepreneur privé ne partira pas en retraite au même âge, constatera que sa pension est calculée selon des règles différentes, et prendra conscience que le droit à réversion attaché à sa retraite subira ou pas des conditions de ressources. Les exemples de ce type sont nombreux. Ils devraient à eux seuls légitimer la nécessité d’une réforme.

Parmi les arguments évoqués pour justifier le statut quo, la référence à l’engagement initial de l’employeur (régimes spéciaux) devrait suffire pour expliquer le maintien des règles actuelles. Pourtant les retraités du privé peuvent, eux aussi, se prévaloir de changements de règles tout au long de leur carrière. Au départ la retraite de base était calculée sur le salaire des 10 meilleures années au lieu des 25 actuellement, le nombre de trimestres requis pour obtenir une retraite complète était de 120 trimestres contre 167 aujourd’hui, le prix d’achat du point de retraite complémentaire a progressé plus vite que sa valeur de service. En fait, pour les retraités du privé le calcul de la retraite a subi des changements de règles pour s’adapter à la conséquence de l’augmentation de l’espérance de vie. Pourquoi en serait-il autrement pour les autres retraités ? En outre ces mêmes retraités, qui bénéficient pour partie d’une retraite complémentaire par points pilotée par les partenaires sociaux, ne sont pas réfractaires à cette formule pourtant si décriée par ailleurs.

Alors pourquoi ce blocage ?

La recherche du maintien des avantages acquis est la première explication. Mais surtout la mise en avant de la nécessité de restaurer l’équilibre financier du régime avant de démarrer la réforme a créé de l’inquiétude, de la perte de confiance, et a été habilement utilisée par les opposants.

Reposant sur des prévisions du COR cette exigence doit être appréciée avec le recul nécessaire.

  • Premier point, le COR précise que ses estimations sont très largement conventionnelles. On peut d’ailleurs remarquer que trois conventions différentes sont retenues pour projeter les ressources des régimes financièrement équilibrés par l’Etat.
  • Deuxième point, pour être complet, il conviendrait de tenir compte du montant des réserves des régimes de retraites au 1er janvier 2025 pour appréhender dans sa globalité la question de l’équilibre financier.
  • Enfin et troisième point, la sagesse populaire nous indique qu’il ne faut pas courir plusieurs lièvres à la fois. L’urgence est de traiter la question de l’équité de notre système de retraite. Les questions concernant les équilibres financiers seront ainsi plus simples à comprendre et à admettre par tous. Les solutions qui en découleront auront l’avantage de s’appliquer à tous de la même façon.

Par ailleurs l’Etat devra revoir sa politique salariale pour quitter un dispositif qui transfère sur les retraites les insuffisances des traitements de ses agents. Il serait profondément dommageable que les fonctionnaires rejettent pour cette raison une réforme indispensable.

Chacun peut légitimement s’interroger sur ses droits à retraite. La question du rendement du dispositif doit être posée, des garanties doivent être apportées pour accéder à une retraite acceptable notamment pour les carrières interrompues. Les arguments développés dans le projet remis par le HCRR répondent, si l’on veut bien prendre la peine d’en prendre connaissance, à ces interrogations.

N’oublions pas qu’un régime de retraite par répartition est une formidable expression de la solidarité intergénérationnelle. Au moment où le nombre de retraités se rapproche de celui des actifs, les solutions du passé, où chacun dans son groupe professionnel pouvait assumer la charge de retraités peu nombreux, ne sont plus possibles.

Demeure la conviction que l’avènement de la retraite universelle est la véritable et seule voie de préservation de l’un des piliers majeurs de notre modèle social.

 

Yves Humez